Antoine Grognet

Antoine-Mister George

Journaliste sportif (à RFI notamment), Antoine Grognet est un passionné de football, et plus particulièrement du football africain. Il signe avec Mister George son premier roman.


Quelle a été la genèse de Mister George ? Comment s’est passée l’écriture du livre ?

Mister George vient d’une volonté conjointe. Celle de mon éditeur et la mienne d’écrire sur une légende du football africain et tout simplement du football. Retracer le parcours de Weah, c’est se replonger dans une époque, les années 90, où le football commençait à prendre dans le monde la place qu’il a aujourd’hui. Les premières stars sur-médiatisées sont apparues à cette période. L’écriture s’est donc déroulée en fonction de ce contexte : redonner vie à une époque révolue, presque dépassée, et qui portait en germe tous les excès du football actuel. Il a donc fallu beaucoup de recherches, d’autant plus que Weah a toujours été quelqu’un de discret, ce qui n’a pas facilité l’écriture.  

Tu es journaliste de profession, as-tu eu du mal à te défaire des habitudes d’écriture pour écrire cette biographie romancée ?

Le temps « court » du journaliste, surtout de radio, n’est pas le temps long de l’écrivain.

Se décrocher de l’actualité lors de mes séances d’écriture n’a pas été simple. D’ailleurs, l’aspect actualité est très présent dans mon travail. Et les « tics » d’écriture de mon métier de journaliste sont impossibles à gommer. Les phrases courtes, qui se veulent percutantes parsèment d’ailleurs le roman.

On sent, dans ce livre, un certain attachement à l’Afrique : quel est ton rapport avec ce continent ?

C’est plus qu’un attachement. J’ai eu la chance de découvrir le continent africain en 2013, lors de la CAN en Afrique du Sud. Un pays passionnant et qui m’a beaucoup appris sur les réalités et les contrastes africains. J’y ai un petit peu voyagé (Congo, Gabon,..) et vécu (Dakar au Sénégal). Je pense sincèrement que lorsque l’on pose le pied en Afrique et qu’on ressent ce que j’y ai ressenti, la passion ne nous quitte jamais.

Et le foot ? Quelle place occupe-t-il dans ta vie ? Professionnelle et personnelle ?

Dans le métier de journaliste sportif, le football est un

incontournable. Il n’est pas possible de ne pas s’y intéresser. Il constitue à peu près 75% des sujets et du temps de travail. C’est un sport qui comme nul autre réveille les passions. Au plan personnel, je l’ai pratiqué au poste de gardien de but. Un poste d’observateur idéal sur le jeu, sur les joueurs et donc sur les hommes (à mon époque, la mixité n’avait pas fait autant de progrès qu’aujourd’hui).

As-tu des lectures de prédilection ? Des auteurs ou des livres qui t’auraient marqué ou inspiré ?

L’auteur par excellence, qui réunit à la fois les qualités d’écrivain et de journaliste, c’est Antoine Blondin. Qu’il s’agisse de son roman Un singe en hiver ou de ses Chroniques du Tour de France, le plaisir que je prends en le lisant reste le même avec les années. J’ai aussi été marqué par le sens de l’absurde d’un John Irving qui serait sûrement un auteur parfait de roman portant sur le sport. Il a un peu traité de la lutte dans Le monde selon Garp, et s’il écrivait sur le football, je serais le premier à le lire.