Sylvain Faurax

Sylvain Faurax-WWE

De ses 4 ans à ses 24 ans, Sylvain Faurax a pratiqué la gymnastique à Bellegarde, Genève, Lyon et Mâcon. Après ces vingt années, il est devenu professeur d’éducation physique en région parisienne. Passionné de sport et sportif lui-même, il pratique également la méditation et la photographie, tout en aimant beaucoup la danse contemporaine. On ressent dans Trajectoires et vibrations les différentes passions qui l’animent, ainsi qu’une volonté de transmission très forte.


Ce livre est étonnant par sa structure, peux-tu nous raconter la genèse de ton livre ?

La structure du livre alliant un roman et des nouvelles est un peu déconcertante, mais elle prend tout son sens avec le thème réel de l’ouvrage. Il s’agit de destins, de parcours réunis par un même facteur commun : les émotions liées à la pratique. Le roman donne un corps à une légende tandis que les nouvelles évoquent des personnages tout à fait ordinaires. Leurs expériences sont toutes aussi riches, à leur manière. C’est ça pour moi le sport, le moyen de construire sa « légende personnelle » pour reprendre l’expression de Paulo Coelho.

Pourquoi le personnage de William Webb Ellis ? Nous imaginons que le travail de recherche a été important ?

Très simplement, le Rugby est une activité que j’enseigne et que j’aime pour les valeurs très puissantes qu’elle véhicule. William Webb Ellis est connu pour son fait d’armes qui n’a finalement pas grand poids dans la genèse de ce sport. Pourtant, comme tout symbole, il méritait bien une petite fiction en son honneur. Pour être tout à fait honnête, la belle

idée s’est vite transformée en défi personnel. Un roman historique demande de faire des recherches assez poussées pour ne pas trahir le sens de l’Histoire. La biographie est fictionnelle, mais j’espère avoir campé assez fidèlement cette période et ce lieu.

Et les nouvelles de « Trajectoires et vibrations » ? Qu’est-ce qui t’a donné l’envie d’écrire ces textes ?

Les nouvelles sont plus personnelles. Je suis enseignant et j’avoue avoir parfois douté de l’intérêt ou plutôt de l’utilité de ma fonction. Et puis un jour, j’ai réalisé que la porte d’entrée qui m’avait conduit à pratiquer était la même que celle qui me procurait du plaisir à transmettre : me concentrer sur des expériences à vivre et des émotions pour grandir. C’est finalement beaucoup dans la construction personnelle d’un élève. En tout cas, c’est de la culture au sens large, ce qui reste pour longtemps dans les mémoires.

En tant que professeur d’EPS, le sport occupe une place prédominante dans ta vie : retrouve-t-on de ta « vie sportive » dans ton livre ? J’imagine que tout auteur met un peu de lui dans ses textes.

Pour Trajectoires et vibrations, c’est particulièrement le cas. Je fais partie de ces lambdas dont l’identité est indissociable de leur vécu sportif.

As-tu des lectures de prédilection, des auteurs ou des livres qui t’auraient marqué et qui t’inspireraient ?

Oui, j’ai bientôt lu l’ensemble des ouvrages de la collection Salto et l’écriture de Benoit Jeantet a quand même quelque chose de très particulier et de précieux. Sinon, j’ai commencé à lire très tard avec Britannicus de Racine qui traînait dans le grenier de mes parents. La poésie a aussi mon affection depuis de nombreuses années. Un texte, c’est un peu du rêve en musique.

Enfin… « Littérature et sport », qu’en penses-tu ?

Je crois que le mariage de la littérature et du sport à de l’avenir. Le cinéma, notamment avec la boxe, fonctionne très bien. Je ne rentrerai pas dans le débat entre culture élitiste et culture populaire, culture intensive ou extensive. La culture se nourrit de tout ce qui est vivant et le sport est source d’appétit.