Nicolas Grenier

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Diplômé de Sciences Po Paris, Nicolas Grenier est un poète de langue française, considéré d’ailleurs comme l’une des nouvelles voix de la poésie contemporaine. Il a publié ses premiers poèmes dans les revues française Europe, fondée par Romain Rolland en 1923, et américaine Tower Journal.  Spécialiste du haïku et du tanka, il est l’auteur de recueils de poèmes. Avec Du sport à la plume : anthologie de la littérature sportive, il signe sa première anthologie.


Une anthologie de la littérature sportive : quelle est la genèse de ce livre ? 

Comme je suis poète, et la poésie occupe une place de choix dans ma vie, j’apprécie les thèmes qui seraient, par essence, loin de la poésie. Le sport peut constituer un terrain de jeu qui permet de souffler un peu et de me ressourcer. Je connaissais depuis longtemps les anthologies sportives sur la littérature, et je souhaitais apporter mes connaissances, pour tous les amoureux du sport et des lettres.

Pouvez-vous nous expliquer votre travail pour cette anthologie ?

J’ai une certaine connaissance de la littérature, et d’emblée, il a été possible de constituer une base de textes, sur laquelle l’on peut construire une anthologie. Il faut ensuite avoir une patience de bénédictin, pour aller plus avant dans le travail. C’est une sorte de promenade, entre les mots, les livres et dans les bibliothèques, et l’on en ressort toujours grandi, et aussi épuisé. Au final, on ne se souvient presque de rien, car l’on a absorbé tant d’anecdotes, tant de noms, tant de siècles.

Si vous ne deviez choisir que deux ou trois textes cités dans cette anthologie, lesquels citeriez-vous ?

Ce ne sont pas forcément les textes des auteurs les plus connus. J’ai une préférence pour le texte de Jules Huret, grand journaliste au Figaro, qui aborde le sport à travers le campus de l’université de Harvard. Ce journaliste a également écrit de formidables pages sur les États-Unis ou bien l’Allemagne, et ce n’est pas un hasard, s’il échangeait avec Octave Mirbeau. Plus encore, Pierre de Coubertin a un style formidable, et sa plume semble courir vite sur la feuille. C’est, à mon sens, un grand écrivain, qui sera un jour redécouvert, car il ne se rattache pas encore à l’histoire de la littérature. Enfin, Jacques Normand qui livre un poème au titre exotique : Lawn-Tennis. Il s’agit peut-être  de l’un des tout premiers poèmes sur le tennis, dans la poésie, c’est touchant, léger et simple.

Quelle place occupe le sport dans votre vie ?

Ma vie est déjà beaucoup remplie par des choses terrestres. Je souhaiterais bien vivre avec les mots et la poésie, jour et nuit, et avoir la protection d’un mécène, comme les poètes du XVIIe siècle. Pour répondre à votre question, les poètes

sont avant toute chose des marcheurs, c’est ainsi, comme les écrivains. D’une certaine façon, je marche dans le chaos du monde qu’on appelle la réalité ou encore la société. Un poète n’a pas besoin de grand-chose, beaucoup de solitude, du silence, et des mots, pour jouer.

Vous êtes déjà auteur de plusieurs recueils de poésie : imaginez-vous, un jour, écrire de la « poésie sportive » ?

Certains sujets ne sont pas forcément faciles à traiter en poésie, peut-être sont-ils considérés comme trop vulgaires par les poètes, beaucoup plus portés par la métaphysique que par le physique. Des poètes, souvent peu connus, comme Géo-Charles, Paul Souchon et bien d’autres, ont écrit de formidables vers sur le sport, avec beaucoup de fraîcheur, et c’est là toute leur réussite. D’un autre côté, d’autres poètes, plus « intellectuels », ont complètement raté leur coup, comme Paul Valéry par exemple avec son poème Le rameur. Pour ma poésie qui n’intéresse personne, et c’est mieux ainsi, – enfin, j’espère que la postérité sera clémente avec mes poèmes, quand je serai mort –, j’ai déjà écrit quelques poèmes sur le sport, encore inédits.