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12 juillet, date et intemporalité

L’événement d’une génération

Que faisions-nous il y a 20 ans ? Où étions-nous ? Avec qui ? Il est de ces événements, de ces dates, qui parlent, qui marquent une génération, une époque, un pays. Et ce, quelles qu’en soient les raisons. 22 novembre 1963, 21 juillet 1969, 11 septembre 2001, 13 novembre 2015… 12 juillet 1998.

12 juillet - génération Zidane

Oui, 12 juillet 1998. Les amateurs de foot (français) en âge de se souvenir savent où ils étaient lors de ce fameux France-Brésil. Mais ceux qui n’aiment pas le foot aussi. Et c’est toute la magie de ce 12 juillet.

Bruno Colombari, auteur du Dico des Bleus, passionné par l’équipe de France, par les statistiques et l’histoire du foot, grand lecteur de Paul Auster, de Nancy Huston et amoureux du Brazil de Terry Gilliam, s’est intéressé à ce 12 juillet 1998 par le prisme de la littérature.

12 juillet-Brazil

 Un trio digne de Truffaut

12 juillet-chapitres

À la manière du théâtre classique français, son roman suit la règle des trois unités : le temps, le lieu et l’action. 12 juillet, puisque c’est le titre choisi, se situe donc dans une maison de vacances provençale. L’action dure plus ou moins deux heures et demie (protocole d’avant-match, première mi-temps, mi-temps, deuxième mi-temps, joie et remise du trophée). Et on suit, pendant ce temps, trois personnages : Fred, Louise et Giovanni, trois trentenaires qui forment un trio truffaldien. Fred est passionné de foot et vit la finale à 100 %. Louise, sa compagne, s’y intéresse d’un œil plus distancié, mais néanmoins connaisseur. Giovanni, leur ami italien, n’y entend rien.

Un roman sur le temps

Et c’est tout l’intérêt de 12 juillet, roman polyphonique à la narration alternée. Chaque personnage a voix au chapitre, parle (à la première personne) de ses émotions, de sa vie, de ses doutes et de ses interrogations, de la société, de ses relations avec les deux autres personnages.

Le foot – France-Brésil en l’occurrence – est un prétexte pour parler psychologie, sociologie, relations humaines, histoire.

12 juillet - temps 3

12 juillet est surtout un roman sur le temps et sa relativité. Son exergue, citation de Étienne Klein extraite de son livre Le Temps, ne fait que l’annoncer. Le découpage minute par minute de cette soirée qui va marquer la vie de Fred, Louise et Giovanni le confirme. Et en parallèle de ces minutes qui défilent, Bruno Colombari nous fait remonter le temps : celui de l’action bien sûr, en 98, mais aussi à la Seconde Guerre mondiale, à Mai 68, aux années Mitterrand, jusqu’à l’épilogue actualisé…

Un roman pour tous

Et enfin, 12 juillet est à destination de tous les lecteurs. On pourra s’identifier à Fred, à Louise ou à Giovanni. Ou peut-être aux trois à la fois. À l’image de l’auteur qui a mis un peu de lui dans chacun… Alors en cette période de Coupe du monde où les Griezmann, Lloris, Pogba et Varane sont à un match de succéder aux Zidane, Barthez, Petit et Thuram, la lecture de 12 juillet est rafraîchissante parce qu’intemporelle.

12 juillet - 3-0

Et vous où serez-vous ce dimanche 15 juillet ? Que ferez-vous ? Avec qui ? Rendez-vous dans 20 ans…

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